Le TOP 50 Discover d’octobre est dans les bacs

Le Top 50 Discover d’octobre confirme une tendance lourde : Google verrouille son écosystème. Moins de diversité, plus de médias “mainstream”. Une stratégie qui rappelle le virage de Google News il y a dix ans… et qui pourrait bien conduire au même résultat.

Que dire du Top 50 du mois d’octobre ? Très peu de changements et de modifications notables dans les positions : il y a une vraie consolidation de la visibilité des médias dans Discover depuis plusieurs semaines. Google a clairement décidé de mettre en avant les médias mainstream au détriment des petits médias. Ce n’est pas sans rappeler l’update Google News d’il y a une dizaine d’années où, du jour au lendemain, l’algo avait été profondément modifié pour ne laisser remonter que les grands médias et supprimer toute la visibilité des plus petits.

Je vois de grosses similitudes entre les deux époques, où un algorithme ouvert à tous permettait aux SEO et éditeurs de sites d’identifier des failles et des faiblesses pour faire remonter leurs sites dans les résultats. Google, dans un souci de “qualité”, a préféré se concentrer sur une white list de médias afin de s’assurer une certaine tranquillité dans sa lutte anti-spam, au détriment des éditeurs indépendants dont l’audience a été drastiquement réduite.

De mon point de vue, Google n’apprend pas de ses erreurs. C’est à partir du moment où il a coupé les vannes du trafic aux petits éditeurs que Google News a commencé à perdre en audience et en visibilité. Ces services n’ont d’intérêt pour les utilisateurs que s’ils offrent de la diversité dans les sources. Si l’utilisateur ne trouve que des médias “officiels”, il sera alors tenté d’aller sur MSN ou Yahoo, où l’UX et la présentation des sujets sont bien meilleures que sur Google News — et désormais Discover.

La solution trouvée par Google pour lutter contre le spam sur Discover — réduire drastiquement le trafic des éditeurs indépendants au profit des grands médias — est clairement une fausse bonne idée. Les réseaux sociaux sont performants aujourd’hui parce qu’il existe un élément de surprise, de découverte et d’authenticité. Discover offrait justement cela à l’origine, en permettant à de nouveaux et petits médias de booster leur croissance et d’apporter une vision différente de l’actualité. C’était l’essence même du service.

Alors oui, le spam que l’on a vu en août en France — et actuellement dans d’autres pays — pose problème, mais Google choisit la solution de facilité pour le régler : on coupe tout et on fait une white list. Simplicité, sécurité, tranquillité… Mais en suivant cette voie, Google va tuer Discover comme il a tué Google News. Je ne serais vraiment pas étonné de voir le trafic Discover baisser dans les prochains mois, tout simplement par manque d’intérêt pour le service.

Ce Top 50 du mois d’octobre reflète clairement cette tendance. Je rajouterais que depuis quelques jours, je note une baisse de 10 à 15 % du volume d’articles disponibles sur Discover (mon index n’est pas totalement représentatif), mais je vais suivre cela dans la durée. Pour conclure, je trouve l’attitude actuelle de Google dangereuse pour le service, et il faut espérer que cette ligne de conduite sera corrigée dans les prochains mois, lorsque Google aura mis en place une véritable stratégie anti-spam permettant de préserver la diversité des sources sur Discover.